Violences conjugales

Aider une victime de violences conjugales : 4 suggestions utiles 


Que faire face à une victime de violences conjugales ? Comment l'aider au mieux ? Voici le résumé des possibilités.

1. Orienter la victime vers les services disponibles (valable en France)

. le numéro 3919 : numéro anonyme et gratuit, accueille téléphoniquement les victimes pour les aider à analyser si oui ou non elles vivent des violences conjugales et pour les orienter sur les ressources d'aide et d'accompagnement locales. A savoir: ce service initialement prévu pour les femmes accueille aussi les hommes victimes.

. l'Antenne de Justice locale : existe dans toutes les grandes villes et donne des informations juridiques gratuites. Parfois, il est possible de consulter un avocat gratuitement (permanence d'avocats bénévoles). L'Antenne de Justice informe la victime sur ses droits: droit de porter plainte, droit à être protégée par la Justice (ordonnance d'éloignement du conjoint, droit de rester au domicile conjugal avec les enfants, possibilité d'obtenir un téléphone d'urgence pour appeler en cas de danger,...). Les Antennes de Justice informent les victimes sur les procédures et les aident dans leurs démarches.   

. les associations spécialisées dans l'aide aux victimes de violences conjugales: existent dans beaucoup de grandes villes, très utiles et efficaces, il suffit de les appeler ou de s'y rendre; les professionnels de ces centres accueilleront, informeront et orienteront la victime. Le plus souvent, ces associations bénéficient d'équipes pluridisciplinaires: psychologues, travailleurs sociaux, juristes spécialisés et formés. Ces associations proposent un accompagnement et un suivi chaleureux, sans jugement ; elles donnent des informations juridiques, sur les lieux d'hébergement d'urgence, sur l'emploi,...Elles redonnent espoir au victimes en comprenant ce qu'elles vivent. Certaines associations proposent des groupes de parole confidentiels et gratuits, animés par des professionnels, auxquels participent souvent d'anciennes victimes.

- l'assistant de service social "de secteur" il s'agit de l'assistant de service social intervenant dans le cadre des services sociaux proposés par les collectivités locales (département, mairies, CCAS,...). Ce professionnel peut aider, informer orienter, soutenir sur divers aspects ( emploi, logement, aides sociales,...). L'accueil ds victimes de violences conjugales fait partie des missions des assistants de service social. Il suffit de prendre rendez-vous .

-l'assistant de service social au sein du service RH de l'entreprise ou du service public: mêmes missions que ci-dessus mais l'assistant de service social est à l'intérieur du système- parfois plus difficile d'accès car certaines victimes souhaitent faire appel à quelqu'un d'extérieur (plus discret) ; il est utile d'avoir le choix : l'important est d'avoir de l'aide;

- le commissariat de police ou la Gendarmerie pour porter plainte. Avec un bémol: il vaut mieux être accompagné par une association et/ou un avocat, car c'est difficile à faire seul. Mais pas impossible si nécessaire. Dans certains commissariats, il y a une assistance sociale spécifique qui assiste les victimes qui souhaitent porter plainte: se renseigner au commissariat.

- le médecin (et éventuellement le médecin psychiatre) et le psychologue pour les soins : un suivi médical est indispensable, l'aide d'un psychiatre ou d'un psychologue s'avère précieux.

- l'avocat : si la victime en a la possibilité cette solution est plus discrète qu'avoir recours a l'Antenne de Justice ou une association. Un avocat pourra aiguiller la victime pour déposer plainte ou en cas de procédure devant le JAF (divorce, demande d'une mesure d'éloignement du conjoint,...).



2. Informer sur les mécanismes de la violence conjugale 


Informer la ersonne sur les types de violences (physique, psychologique, financière,...) , sur les cycles de la violence conjugale (alternance de périodes de violence et d'accalmie), sur l'emprise psychologique, sur les conséqueces sur les enfants,.... Il existe de nombreux sites internet, des articles, les livres traitant du sujet. Un exemple d'ouvrage qui peut aider: Marie-France HIRIGOYEN: "Femmes sous emprise : les ressorts de la violence dans le couple" Ed. Pocket.


 


2. L'aider à préparer un plan d'urgence 

- Lui conseiller de préparer un sac à utiliser en cas d'urgence avec des vêtements,  de l'argent liquide, la photocipe de ses papiers d'identité (y compris permis de séjour éventuel,...), le double des clés de son logement. Ce sac est à déposer en lieu sûr chez des amis ou de la famille. Le but est d'avoir le minimum necessaire en cas de besoin, notamment si la victime doit quitter précipitemment le domicile conugal pour cause de danger.

- L'informer sur les lieux d'accueil en urgence et/ou l'aider à identifier les personnes susceptibles de l'accueillir en cas d'urgence.

- Lui conseiler de garder sur elle les numéros utiles en cas d'urgence (personnes de son entourge susceptibles de l'aider, srvices de police ou gendarmerie, lieux d'accueil d'urgence,...)


3.  Signaler et protéger 

En tant que professionnel mais aussi en tant que citoyen, vous pouvez: 

- informer le Procureur de la République d'un risque de danger grave pour la victime (exemple: menaces avec arme à feu).

- s'il y a  des enfants au domicile et que vous considérez qu'ils sont en danger ou à risque de danger, vous pouvez signaler la situation au service de protection de l'enfance  du Conseil Départemental . Pour plus d'informations sur la procédure de signalement, vous pouvez contacter le Conseil Départemental et demander le service d'Aide Sociale à l'Enfance.


 

4. Maintenir le lien

Quoiqu'il arrive, maintenir le lien avec la personne  et maintenir la relation de confiance. A son rythme, lorsqu'elle le pourra, elle reviendra peut-être vers vous pour de l'aide. La plupart des victimes qui s'en sortent confient qu'il y a eu un seuil au delà duquel elles ne pouvaient plus supporter la situation. Pour chacun, ce seuil est différent, mais il sert parfois de déclencheur pour s'en sortir.